aurevoir

Je l'avais laissée là, sur le quai. Ou était-ce elle qui m'avait laissée ?
« Je te laisse là, moi je vais pleurer sur le chemin. De toute façon, j'ai mes lunettes noires. » avais-je dit en riant lamentablement pour évacuer déjà le trop -plein d'émotions qui débordait de mes yeux.Nous nous sommes embrassées, nous nous sommes promis de garder contact, de prendre des nouvelles, en quelques secondes, se dire l'essentiel, et surtout ne pas se perdre, avant de repartir chacune de son côté. Evidemment que j'ai pleuré ! J'ai pleuré parce qu'à peine partie, elle me manquait déjà. Je sentais mon coeur éclater et je voyais le train partir et l'emmener loin.

Un temps partagé , c'était le plus beau cadeau qu'elle pouvait me faire. Dans la simplicité de l'instant, m'offrir ces quelques heures. J'avais l'impression qu'elle était partie avec un bout de moi. Mon coeur était déchiré et des lambeaux filaient vers le bout du monde. Quand nous reverrions-nous ? L' absence de réponse à cette question me torturait. Et je devais pourtant composer mon avenir avec ces mailles d'incertitude.