Edward_Hopper_Summer_InteriorL'INSUPPORTABLE.  Quand les gestes sont durs, quand la main devient arme, quand le poing est marteau, quand l'homme n'est plus compagnon mais bourreau, la femme est chosifiée, pire, elle est anéantie. L'arbre perd ses fruits, la chair devient entrailles hurlantes, et le souffle souffre. L'âme volète lourdement, colombe souillée qui pleure la perte de confiance, le refuge de toutes les déceptions et les malheurs. Le ciel devient noir, il n'y a plus rien pour faire briller le soleil, le corps est déchiré, la pluie tombe dedans et l'âme en lambeaux essaie de rassembler les bouts d'elle dans la souffrance et dans l'horrible souvenir. Les sillons de la douleur hurlent dans les chairs étouffées d'avoir trop crié.

Les larmes malgré tout ne suffisent plus, elles brûlent de trop couler. Le corps se courbe d'avoir trop crié, ses entrailles pleurent, meurtries par ce qui n'est pourtant pas une fatalité ! Mais le silence devient cage, le corps enfer, même la nuit est une geôle pour ces atteintes inadmissibles.

L'INTOLERABLE ! Il lui a volé son corps, brûlé les ailes, éteint la lumière et attisé un feu de douleur. Ce qui lui appartenait et la définissait n'existe plus, ou plutôt sur-existe dans la douleur, car l'âme orpheline divague, elle erre entre impuissance, révolte, tristesse, perte de soi, désespoir et envie de hurler ! Le corps a éclaté, le regard ne voit que le brasier de l'enfer,et là où la douleur fulgurante a détruit les illusions et l'espoir de croire en l'homme, le règne animal a pris le dessus et ses griffes lacèrent.

 Quand le corps devient une prison, quand la douleur écrase le ciel, quand la révolte fissure le visage et que le masque devient trop lourd à porter, que reste-t-il pour faire face à soi-même ? Un abîme avide avalant l'âme hurlante dans le vent, où la douleur sourde engourde.

non

Que ce soit bien clair pourtant! NON C'EST NON ! Ce n'est pas plus compliqué que ça ! L'homme réduit à l'état animal, oublie-t-il d'où il vient pour réagir ainsi! Et la victime  ne recolle jamais les morceaux de son identité brisée et maculée. Son corps est prison. Avec la souffrance et les souvenirs démons.

 

Chaque heure, près de 9 personnes sont violées en France, soit plus de 200 viols par jour.

 

 ( tableau de Edward Hopper, Summer Interior, 1909)