IMG_20140708_174553.jpgJ'aime beaucoup cette phrase d'Alain Souchon, " l'église est maintenant inutile donc belle "(dans son album " C'est déjà ça"). L'église, les lieux de culte tiennent encore debout, comme les Hommes. Ceci m'amène à la réflexion digne d'un sujet de philosophie : le beau est-il utile ? Il ne s'agit pas cette nuit de disserter sur ces deux notions et de les tourner dans tous les sens, de les malmener, comme à un examen. Je l'ai fait et refait et ça reste toujours à faire, grand principe de philosophe.

Je me fais cette réflexion car la nuit dernière, moi athée convaincue, j'ai voulu assister à la messe de minuit; non par voyeurisme, j'ai toujours eu un profond respect pour les lieux de culte, et quoi qu'on en dise, si on s'intéresse à la nature humaine, il me paraît évident de s'intéresser aux religions pour comprendre l'humanité.

Je suis donc entrée dans cette église, dans mes petits souliers, et je me suis installée au dernier rang, pour écouter. J'ai pensé à mes amis chers, très loin, et j'observais la ferveur ambiante de cette nuit-là, loin des icônes de consommation et de l'avalanche de cadeaux . Que pouvait-il bien se passer dans toutes ces têtes, là, devant moi? Une partie inexplicable de moi-même enviait la foi de ces personnes: qu'il devait être reposant de confier ses doutes et ses prières à quelqu'un, là-haut. J'ai toujours été fascinée par ceux qui croyaient en une divinité.

Loin d'être convertie à la foi, j'ai pu apprécier et pressentir la chaleur humaine. Sûrement que j'étais influencée par la magie de Noël, cette atmosphère singulière où plane l'espoir d'une réconciliation, mais ce n'est pas là le plus important. C'était une nuit particulière, oui. De l'espoir, du désespoir, de la solidarité, de la solitude, tant de choses planaient et se mélangeaient en moi, et je pensais à tous ceux qui allaient déprimer ou tenter de se faire du mal. C'est statistiquement prouvé, le nombre de suicides augmente en cette période de fêtes car hélas ce n'est pas comme dans les contes, il n'y en a pas pour tout le monde. On dirait que les notions de partage et de solidarité ne durent qu'un temps, le bonheur est comme une couverture que l'on tire vers soi et qui laisse toujours quelqu'un avec les pieds froids.

Le temps de la magie est éphémère une fois et une fois les paillettes envolées il faut balayer.

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