Les quoi ? Les droits d'auteur ? ( restez poli )

C'est marrant mais quand j'évoque le sujet des droits d'auteur, j'ai le droit au regard torve, "mais de quoi elle parle, elle se prend pour Spielberg avec ses Blockbusters ou quoi ?" "il faut qu'elle arrête, elle!" et ça, c'est quand j'ai effectivement un contact avec les troupes qui me jouent. Parce que dans la plupart des cas quand j'évoque les droits d'auteurs, curieusement, plus de réponse, rien du tout ! Les troupes se volatilisent à partir du moment où l'auteur daigne demander quelques renseigments sur le spectacle qui va être joué. Combien de fois ai-je reçu des mails de demandes de textes, ce que j'envoie toujours de bonne grâce, combien de fois suis-je tombée par hasard, sur une représentation d'une de mes pièces ? Alors oui c'est bien, je suis jouée, mais pas un mot de la troupe, rien. Quant aux droits d'auteurs, le sujet est habilement éludé.

" Je suis prof dans un lycée, je n'ai pas de budjet, je prends sur mon temps perso..." ( ce n'est pas à vous M. le professeur de régler, mais au responsable de votre structure, à savoir, dans un lycée, le proviseur ) " l'entrée est gratuite. "( d'accord, mais vous vous exploitez quand même le texte )

"Juste une fois" (Allez juste une fois, vous n'allez pas faire votre crevard !) " On est une toute petite structure, vous comprenez " ( non je ne comprends pas : même quand je vais dans une toute petite boulangerie, je paie mon pain.)

Et bien sûr le pire : "Vous mettez bien vos textes sur Internet "

Et là, heureusement que vous ne me voyez pas, mais je me roule par terre, prise de convulsions incontrôlables et envahie de sentiments tempétueux comme la colère et l'envie de .... Stop. Je me tais, je finirais pas être incorrecte.

 Dois-je aussi rappeler qu'il ne faut pas confondre texte à télécharger gratuitement et gratuité du texte. Ce n'est pas parce que vous avez la possiblité de lire ces textes que vous pouvez vous les approprier. Tous sont soumis aux droits d'auteur. Ne pas s'en acquitter est un pur vol. C'est pénible de devoir le rappeler sans cesse, j'ai l'impression d'avoir le mauvais rôle alors que je ne fais que mettre chacun devant ses responsabilités. Aussi sûr qu'un texte publié sur internet fini par échapper à son auteur, aussi sûr que l'écriture est un vrai travail, s'approprier un texte sans en prévenir l'auteur, et sans s'acquitter des droits d'auteur quand le texte est protégé, est un vol.

Les droits d'auteur sont une rémunération de l'auteur pour ses textes. D'une façon générale, les droits d'auteur sont applicables pour tous les auteurs vivants ou morts depuis moins de 70 ans. Et jusqu'à preuve du contraire, je suis bien vivante. Quelle chance, vous pouvez prendre contact avec l'auteur et même le rencontrer pour la création de votre spectacle ! Ah c'est sûr, je peux aussi pousser un coup de gueule quand une pièce est jouée et que je n'ai même pas été prévenue. Mais ça, la majorité des troupes s'en foutent. ( je mets bien la majorité, heureusement quand même pas toutes, l'espoir est sauf )

Dès que vous jouez un texte, le premier réflexe de prévenir son auteur. si celui-ci est membre de la SACD , contactez-la

Voici le lien pour les troupes amateur :  http://www.sacd.fr/Demande-d-autorisation.121.0.html

Ne pas en faire la déclaration peut vous exposer à une interdiction de jouer la pièce.

Ce n'est pas tout ce blabla, mais parlons de sous : combien ?

 Les droits d'auteur sont calculés en fonction : 1. du nombre de représentations

                                                                         2. de la durée de la pièce

                                                                         3. de la billeterie (si l'entrée est payante) et dans le cas contraire, un tarif forfaitaire

Comptez environ 80 € pour une représentation d'une pièce d'un peu plus d'1h30 .

Parce qu'il faut payer en plus ! ( Ah ben oui, c'est mieux si on ne paye pas, hein ? )
C'est la loi ( merde alors.) ... Les droits d'auteur sont applicables dès que le texte est joué en dehors du cadre familial. ( re-merde alors.)

Donc même si la représentation est gratuite. La SACD tient cependant compte des représentations gratuites ( qui coûtent moins cher en terme de droits) et du nombre de spectateurs
L'organisateur du spectacle, en général la troupe, règle les droits d'auteur. Si la troupe vend le spectacle, est invité par un festival, demandé par une association ou une mairie, c'est l'organisateur qui prend en charge les droits. Et si on ne sait pas comment faire, on visite le site de la SACD ou mieux, on leur téléphone 01 40 23 44 55, le personnel se fera un plaisir de vous informer ( en même temps c'est son boulot, et vous verrez vous serez bien reçus.)

 Bon voilà, j'ai fini mon coup de gueule ! ça ne fait peut-être pas avancer le Schmilblick,mais ça fait du bien ! Enfin, j'ose toutefois espérer que les bonnes consciences se réveilleront. A une époque où les moyens de communiquer n'ont jamais été aussi importants, il serait temps de s'en servir correctement, mais ça c'est un autre sujet.

à suivre...