Six lettres riches de promesses, Partir.

 

PartirdessinPartir, pour aller à la recherche des autres et à la rencontre de soi-même. Marcher et voir les paysages défiler, inventer un nouveau décor et jouer un rôle différent. Partir. Tout plaquer. Bye bye les contraintes. Bye bye l'hypocrisie de la politesse convenue. Etre soi-même. Faire le grand saut. Se retrouver dans le flou total, loin des autres et de l'entourage familier qui aide à se connaître soi-même. Etre seul et côtoyer des personnes en transit apporte du relief sur la connaissance ténue de soi. L'anonymat apporte une certaine liberté, chacun devient un électron libre loin des étiquettes collées à la va-vite. Et retrouver les relations authentiques.

Partir, regarder la terre vierge devant soi. Partir, avancer droit dans la vie, c'est chercher son appel, qu'il soit frémissant ou hurlant ! Partir, répondre à cet appel d'un cri tonitruant, comme pour exorciser peurs et incertitudes, et foncer comme le guerrier donnant l'assaut. Répondre d'un timide mouvement de main, comme l'enfant qui sait la réponse mais n'ose la dire à voix haute.

Partir, se mettre en danger volontairement, et bousculer l'ordre établi.

Partir sans foncer dans le mur. On veut bien se mettre en danger, un petit peu, pour rompre avec nos habitudes. Pourtant la routine a mauvaise presse. Dans un monde où tout va très vite, où l'on est tourné vers ses désirs, vers tout ce que l'on a pas, partir semble parfois la meilleure solution. Bouger et désirer pour se sentir vivant. Regarder la montagne loin devant soi, s'imaginer au sommet pour y voir le monde sous un angle différent. Ah partir, car en bougeant  au moins on a le sentiment d'agir ! N'y a t-il pas pire impression que de se sentir simple spectateur de sa vie, en quittant un lieu pour en embrasser un autre, c'est comme remettre les compteurs à zéro, et s'octroyer une autre chance ? Et entretenir le fol espoir de l'immortalité avec une soit-disant deuxième vie ?