Enfin les feuilles mortes, les températures qui dégringolent et le soleil reprend ses rayons pour les offrir à une autre partie du monde, et nous, on va enfin pouvoir sortir les arguments qui vont nous sauver.

Il y a des expressions qui permettent d'atténuer une vérité des plus désagréables. Attention je pèse mes mots, car la vérité est une notion des plus subjectives, tout comme la beauté, même si maintes études ont été faites à ce sujet pour déterminer les constantes de la beauté, les canons comme on dit. Pour résumer en quelques mots, la beauté est une grâce qui ne nous laisse pas indifférents, qui procure un ravissement des yeux. Elle est souvent synonyme de symétrie des traits, de finesse, et des études ont montré que la beauté physique était étroitement liée au potentiel de fécondité qu'elle dégageait. Tout un joli programme n'est-ce pas ? Heureusement pour les personnes les moins dotées comme nous, il reste la beauté intérieure, celle qui est bien cachée, qui se fond derrière les apparences et qui nous sauve !

Car qu'en est-il des personnes qui jugent au premier abord, qui vous collent une étiquette ? Vous pensez plaire à quelqu'un? Il y a de grandes chances si ses pupilles sont dilatées ( mais n'allez pas tout de suite tirer des conclusions trop hâtives, surtout si la personne en face de vous est à contre-jour) Je ne peux que vous conseiller de lire ou de relire l'ouvrage de J-F Amadieu à ce sujet.

Certaines vont s'extasier devant les multiples possibliltés qu'offre la chirurgie esthétique pour muter leur nature jusqu'au lifting des organes génitaux pour les multipares, tout ça pour continuer à être un objet de désir ! ô asservissement aux apparences ! Mais franchement, qui va aller regarder entre vos jambes, à part votre amant ou votre gynécologue ? Jusqu'où va donc la recherche de la beauté intérieure ? 

Le pire c'est qu'on sait bien qu'il y a diverses beautés, et juste en observant autour de nous, la beauté culturelle, celle qui suit les modes, et montre notre ascension sociale, à grand coup de régimes soins bistouri etc, celle qui fait de la muse éthérée le faire-valoir de l'homme, la femme accessoire quoi, et une autre beauté, plus large, plus moelleuse, plus confortable, celle qui satisfait les sens, celle qui, grâce à quelques kilos offre des poignées, celle qui offre volupté, loin des tas d'os évoqués un peu plus haut.

Mis sous pression, à se modeler pour atteindre un idéal qui vous prendra ce qui compte dans la vie de tous les jours, votre temps, et votre argent, vous allez être fier d'avoir atteint votre tigh gap ( késaco? c'est cet espace entre vos cuisses quand vous vous tenez debout, pieds joints, donc tout ça pour dire que vous vous êtes débarassée des quelques capitons qui vous rendaient des plus moelleuses.) Oui j'ai accordé au féminin car cela nous concerne plus que vous messieurs, à qui on va demander d'être balèzes et rassurants pour les pauvres petits êtres fragiles que nous sommes. On aura beau se ruiner en chirugie esthétique et transformer notre apparence en kit, cela ne changera pas notre être. Même si on peut gagner en assurance en rectifiant une plastique qui nous donne des complexes. Mens sana in corpore sano n'est-ce pas ?

Heureusement qu'il y a la beauté intérieure, celle où il faut déployer des efforts pour la débusquer telle un animal rétif, celle qui se mérite ! Celle qui révèle les talents de chasseur de l'homo sapiens si habitué à avoir tout à portée de main !

Souvent une bonne thérapie vaudra mieux que tous les coups de bistouri et injections d'acide hyaluronique. On pourra bien sûr se passer de miroir, pour se rencentrer sur soi et se bousculer dans les ateliers de développement personnel dans un monde où nous sommes surexposés. Alors drapé d'une bonne dose d'hypocrisie, on se dit que c'est vachement important la beauté intérieure, mais en fait on est plus que jamais asservi par les modes et le regard des autres. On a beau clamer haut notre indifférence à l'opinion publique, la quête de plaire reste importante car se plaire c'est aussi plaire aux autres, je ne vous apprends rien. Et si pour terminer ce billet nous évoquions l'ocytocine, l'hormone de l'attachement, libérée quand le cerveau est stimulé par des émotions positives. Sans doute  vient-elle nous rappeler que c’est à travers notre lien aux autres que nous touchons à ce qu’il y a de plus beau en nous. ( je vais chercher un mouchoir et je reviens, sans déc' c'est vachement trop beau ce que je viens d'écrire)

Ah, les autres...

(à suivre)