cielnuages

Il fait beau le ciel est bleu et comme à mon habitude, dès que le temps le permet, je m'allonge dans l'herbe. Et là je vois les nuages se déplacer lentement au dessus de moi. Je vis dans un monde d'illusion, car s'ils me donnent l'impression de couler doucement, je sais qu'ils filent à une centaine de kilomètres/heure environ et que moi, sur terre, je n'y vois que dalle. Et c'est en contact direct avec ciel et terre que viennent les réflexions philosophiques. Un sujet qui revient régulièrement c'est la religion, ou plutôt je nuancerais en évoquant le besoin de croire. Forcément l'humanité est empreinte de religion ( à moins que ça ne soit l'inverse) Les hommes sont perdus dans le monde et le besoin de croire est fort, ne serait-ce que pour donner un sens à son existence. C'est très bien les religions si elles demeurent un secours pour les hommes, mais ce qui me désole et qui a désolé des générations bien avant la mienne, c'est qu'elles délient plus qu'elles ne lient.

Si les religions sont un soutien psychologique pour nous permettre d'encaisser le manque, le mal, la maladie jusqu'à accepter la mort, il ne faudrait pas qu'elles nous rendent la vie plus difficile qu'elle ne l'est, n'est-ce pas ? OK c'est bien, chacun fait du mieux qu'il peut pour vivre et supporter son existence, mais on a l'impression que l'existence est un chemin de croix. Pauvre êtres que nous sommes, nous avons malheureusement conscience de l'univers et loin d'être au centre nous ne sommes que poussière ! Il y a évidemment de quoi flipper ! Dans un besoin d'élévation, nous voulons échapper à notre condition ! Qu'il est louable de chercher à se surpasser, sous le prétexte fallacieux de servir un dieu ! Relier les gens entre eux, apporter de la cohésion et malheureusement " l'homme n'est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête."( Pascal) , les hommes zélés basculent dans l'intolérance et le fanatisme . 

Les religons bien trop humaines, grâce à des croyances antalgiques, sont censées apporter cohésion entres les hommes. Alors je pose la question : pourquoi ne pas tout simplement croire en l'humain plutôt que de dissimuler cette croyance derrière l'icône d'un être omnipotent ? Chercher des certitudes dans un monde d'incertitudes, oui, et "la mort est la seule certitude que j'ai" comme disait J.Brel. Evidemment cette sombre perspective pour une grande majorité de l'humanité est une source d'angoisse. Mais quoi ? 

N'est-il pas un peu trop facile de se cacher derrière des idéologies pour justifier ses actes, se déculpabiliser et brandrir de grands idéaux ? Si on dit se référer à des textes sacrés, je pose la question, qui donc les a écrits ? De plus, chacun est libre de les interpréter comme il le souhaite donc, à vouloir tirer la couvertture à soi en se cachant derrière une interprétation qui nous arrange, que se passe-t-il ? Là où il y en a qui pensent être le jouet d'une intelligence supérieure, inversons donc un peu les rôles et ne nous voyons plus comme les pantins des divinités. 

P-A Sollier

Tableau Playmobil® de P-A. Sollier ( www.solliergallery.com )

Sur terre, les hommes jouent avec des figurines .

- Tiens et si on disait que là il y a un dieu là haut dans le ciel, qui voit tout, sait tout et qu'il est le plus fort de l'univers ?

- Il pourrait avoir des copains dieux et..

- Ah mais non je ne suis pas d'accord, il est tout seul, c'est mieux !

- Et pourquoi ton dieu serait-il tout seul ? Et puis d'abord on va dire que mon dieu il est plus fort que le tien et puis c'est tout  !

- D'abord, il n'y a que mon dieu qui existe  et je vais te taper dessus puisque tu ne veux pas comprendre !

- Moi mon dieu il dit qu'on ne doit pas tuer;

- Oui mais moi j'ai fabriqué plein de joujoux et des explosifs et je voudrais bien les tester ! Je ne les ai pas inventés pour rien ! 

Etc, etc, la suite vous la découvrez dans les livres d'histoire et les actualités, pas besoin de discours. Vivre dans les vicissitudes, entre certitudes et doutes voilà un programme que l'homme a du mal  accepter, c'est à se demander s'il ne cherche pas à justifer sa présence par la religion ! 

Je regarde ce ciel bleu et les nuages, eux, sont toujours là.  Accordons aux dieux le bénéfice du doute.