Ma chère amie, ma soeur de coeur, hélas je suis loin de toi et je ne peux te serrer dans mes bras autrement qu'avec ces mots. Pour dire quoi ? Tant de chose qui paraîtront vaines et pourtant, mes mots sont du tact, mes mots sont mes bras, mes mots sont mes mains. Je ne te lâche pas.

Oui la vie est dégueulasse de nous infliger de telles épreuves. Vivre demande du courage. Le bonheur demande du courage. Et partager la peine est-ce que ça la rend supportable ? Je ne sais pas. Je ne comprends pas grand-chose à la vie, il y a sûrement pas grand-chose à comprendre cela dit... Il pourra y avoir cent mille personnes autour de toi, ça ne changera rien. Dans ces cas-là on est encore plus seul qu'ailleurs. Seul avec soi-même autour, dedans, partout, l'abîme en soi. On a beau éclater en sanglots, hurler, rire, se rouler par terre, être prostré, les émotions sont personnelles. C'est difficile de s'associer à la douleur de quelqu'un, ce n'est pas faute d'essayer, dans ces moments-là, tu le sais, on se sent encore plus con que d'habitude. Alors on s'accroche à des souvenirs.

Et les années vont continuer à s'écouler, sans elle. Le couperet est tombé. Impossible de revenir en arrière. La Terre continuera à tourner. Sans elle.

Et tu te surprendra souvent à tourner la tête, comme elle, à dire son expression favorite,comme elle, des images se préciseront dans ton esprit, un détail deviendra un hommage, une inflexion de voix, la manière de tenir une cuillère... Comme elle. Dans ces moments là, le temps s'arrête un instant, elle est là, à côté de toi, tu as envie de lui sourire, de lui dire, tu as vu, Maman ? Bien sûr,la tristesse, le manque, la douleur, et la révolte sont là.

Le monde tourne à toi de tourner avec lui, tu ne peux empêcher sa rotation et t'en révolter c'est arrêter de vivre.

Parce qu'au fond de toi tu sais bien ma chère amie, que ta maman et ton papa t'ont offert le plus beau des cadeaux : la vie. Tu continueras à profiter de la vie, à regarde le soleil se lever, à aimer, à rire, à pleurer ... Tu continueras à vivre, à palpiter jusqu'à en avoir peur. Elle est là dans tes actes, son souvenir t'insuffle un élan de vie, et tu ne la laisseras pas filer une deuxième fois ... Qu'elle repose en paix, toutes les deux vous vous tenez chaud.

Je ne peux hélas rien faire d'autre, c'est ma manière de te serrer dans mes bras et de te dire, je suis là. Je t'aime .