Je me souviens, ce jour là, un dimanche, je t'ai serrée dans mes bras, tu pesais à peine le poids d'un chat. Je me souviens, tes yeux aluminium s'ouvraient par petits clignements sur le monde qui t'accueillait. Je me souviens, toute dans l'insouciance de ma jeunesse, je découvrais la fragilité qui fait le miracle de la vie, en détaillant du bout des doigts ta petite main fermée qui ressemblait à un coquillage.

 

Je te regardais grandir, je me souviens de ces soirées passées à vous garder, toi et ton frère, et je me souviens de l’eau qui coulait le long des fenêtres, de la rue animée que je regardais s’agiter quand tu dormais paisiblement dans mes bras. Je vivais comme une répétition générale l'affection que l'on peut donner à un enfant, un curieux sentiment maternel qui s'intallait en moi avant de moi-même devenir mère.

Et puis les jours ont passé et grâce à eux j'ai appris à te connaître et à t’aimer…

Nous avons chacune pris notre chemin, nous nous sommes retrouvées, nous avons parlé de nos vies, de ces instants, lieux des découvertes. Et aujourd’hui est un jour de plus à célébrer. J’ai beau être à 500 km de toi, je voudrais t’envoyer toute la force nécessaire pour avancer dans la vie, et te dire : embrasse l'instant avant qu’il ne fuie ! Laisse-le vivre en toi, car à peine ressenti, il sera parti.. Que tu sois riche de tout ce que tu vis, que tu en gardes l’empreinte au fond de toi et grâce à l’instant, tu deviendras toi.

En fait je me demande si, ce n'est pas plutôt toi qui a accueilli le monde. Je te le souhaite de tout coeur.Mais si tu me connais sans me connaître, dis-toi bien qu'avec moi l'évidence souvent tait les sentiments.

Dix-huit ans aujourd’hui. Ces mots sont pour toi.